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110 km à Forillon avec le crew du bonheur

30 sept.
4 min de lecture

Ce n'était vraiment pas le plan initial, mais avec un entraînement… correct, je savais que je pouvais faire une course… correcte. Je n'avais ni le kilométrage ni le temps dans les jambes qu'il m'aurait fallu pour me faciliter la vie sur cette distance. Par contre, j'avais l'énergie et la tête. Alors… pourquoi pas?! Parfois, il faut mettre de côté ce qui aurait dû être fait dans les derniers mois et les dernières semaines. Il faut juste faire confiance aux années passées à bâtir et à consolider sa base. Ces kilomètres-là ne disparaissent pas. Ils sont encore là, quelque part dans les jambes et surtout dans la tête.


C'est avec cette idée en tête que je suis partie le samedi 19 septembre 2026, à 17 h, pour le 110 km de l'Ultra Trail Forillon. Enfin, un « 110 US », comme dirait JF Tapp, le directeur de course (lol).


Je ne le savais pas encore, mais faire confiance allait devenir le fil conducteur de toute ma course.






Seule avec ma frontale

Au menu : une course majoritairement de nuit, dans un décor qu'on devinait à peine, sur des sentiers presque tous inconnus pour moi. Il y avait aussi quelques sections de galets et un froid automnal auquel je n'étais plus habituée. Mais au-dessus de nos têtes, il y avait un ciel couvert d'étoiles.


La nuit en ultra, ça a quelque chose de particulier. Le monde se rétrécit au cercle de lumière de ta frontale. Il y a juste toi, ta respiration, tes pas et tes pensées. C'est dans ces heures-là qu'on apprend à se connaître un peu mieux. Et c'est aussi là qu'on comprend à quel point les ravitaillements deviennent des phares dans le noir.


Old school, assumé

C'est pour ça que je ne voulais pas me brûler inutilement. Et, en cource officielle, mon objectif premier reste toujours le même : finir sans y laisser ma vie ni mon plaisir. Donc pas question de me presser dans les sentiers, ni de me précipiter aux ravitaillements.


Je me la joue comme je l'aime : old school, comme les vieux de la vieille que je voyais quand j'ai commencé à m'intéresser au trail. Tsé ! Les Florent Bougin de l'époque là ! Je prends le temps de m'arrêter. Je m'assois, je réfléchis à ce dont j'ai besoin, je le mange ou je le bois, et je prends des nouvelles de mon crew.


Pour moi, c'est ça, l'esprit de l'ultra. Ce n'est pas une course contre la montre, c'est une longue conversation avec soi-même et avec les autres. Et quand on prend le temps, on finit par se demander avec qui on a envie de le passer.


F1 ou bonheur : choisis ton crew


Parce que dans le monde de l'ultra, tu as deux choix de crew. Il y a l'équipe Formule 1, vraiment pratique quand tu veux te pousser. Et il y a l'équipe du bonheur, quand tu veux profiter.


Cette fois-ci, j'avais choisi le crew du bonheur. J'avais envie de passer un bon moment entre amis. Et que dire, j'ai été servie! Des blagues, de la musique, des repas chauds improvisés, des cris de joie, des FOUS RIRES et surtout, du PLAISIR.


On oublie souvent qu'un crew vit son propre ultra. Eux aussi passent la nuit debout. Ils attendent dans le froid, ils roulent d'un ravito à l'autre et ils restent de bonne humeur même quand tu arrives avec la face longue. Tout ça pour quelques minutes avec toi. C'est un cadeau immense.


Et ce cadeau-là, j'en ai eu besoin sur la fin.


Le bout du monde qui recule



Ce serait mentir de dire que les derniers kilomètres ont été faciles. À croire qu'ils avaient reculé le bout du monde de quelques kilomètres. (Comme le Cap-des-Rosiers d'ailleurs… If you know, YOU KNOW!)


C'est là que les jambes lâchent un peu et que la tête prend le relais. Et c'est aussi là que la tête va chercher sa force dans ceux qui t'attendent plus loin. L'expérience m'a encore prouvé qu'une équipe solide autour de soit fait de toi une coureuse plus forte mentalement. Bon, à la fin, j'étais plutôt une randonneuse (lol). Reste qu'un crew, c'est rassurant, c'est aidant, c'est 100 % avec toi… Non mais, c'tu pas un peu égoïste, ça? (lol)



Ce que je retiens pour la prochaine fois? Choisir ses kilomètres, c'est important, mais choisir les gens qui vont nous attendre au bout de chacun d'eux, ça l'est encore plus. Parce que dans dix ans, je ne me souviendrai sûrement pas de mon temps ni de ma position. Par contre, je vais me souvenir des fous rires à 3 h du matin dans un ravito.


Un toast aux crews



Je suis partie en faisant confiance à ma base. Je suis arrivée en réalisant que ma vraie base, ce n'est pas juste des kilomètres accumulés au fil des années. C'est aussi les gens qui sont là, beau temps, mauvais temps, en pleine nuit sur le bord d'un sentier.


Alors, grâce à cette expérience, je lève mon verre à tous les crews de Formule 1 et à tous les crews du bonheur qui accompagnent des milliers de coureurs et coureuses partout dans le monde. Sans vous, la course serait le fun, mais tellement moins le fun.


Et merci à mon crew du bonheur, édition Forillon 2026. Je vous réengage, c'est certain !


 
 
 

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