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La madérothérapie sans filtre : promesses, limites et précautions | S4 ép. 9

29 sept.
5 min de lecture
Miniature de l’épisode 9 de la saison 4 de «Juste» Masso : la madérothérapie avec Josée Boivin

Cet article accompagne un épisode de «Juste» Masso – le balado, un projet de l’équipe Juste Masso (Amay, Mich, Jenn et Raph), fait par des massos, pour les massos.


La madérothérapie attire beaucoup l'attention depuis quelques années, souvent à cause des photos avant-après et de ses outils en bois bien reconnaissables. Mais derrière le côté visuel, il y a une vraie logique thérapeutique, des nuances importantes et une façon de l'utiliser qui respecte les tissus. Voici ce qu'est vraiment la madérothérapie, ses bienfaits réels, et pourquoi la pression, le drainage et l'écoute du client changent tout.


Qu'est-ce que la madérothérapie?

La madérothérapie est une technique de massage qui utilise des outils en bois pour travailler les tissus de façon ciblée. Josée Boivin, massothérapeute et formatrice, insiste sur un point clé : ce n'est pas juste une question d'outils. C'est une technique complète qui combine le drainage, le réchauffement des tissus et le travail manuel.

En pratique, on ne prend pas un rouleau pour « attaquer » la peau directement. On prépare les tissus, on les écoute, puis on choisit l'outil et la pression adaptés. C'est ce qui évite une approche trop agressive, qui peut blesser au lieu d'aider.


D'où vient la technique?

La madérothérapie vient de la Colombie, où elle s'est développée dans les années 1990, notamment en post-opératoire, après l'accouchement et pour le travail sur la cellulite. Avec le temps, elle s'est rapprochée d'autres approches comme les ventouses, le gua sha et certaines formes de drainage.

En résumé : la définition simple, c'est un massage avec des outils en bois. La définition clinique, c'est une méthode de travail tissulaire qui demande du jugement, du dosage et une bonne base en anatomie.


Les bienfaits réels de la madérothérapie

Le premier réflexe de beaucoup de gens, c'est de penser à la cellulite. Mais Josée rappelle que la madérothérapie va bien au-delà de l'esthétique.


Décongestionner les tissus

Lorsque les tissus sont denses, « pleins » ou moins mobiles, la madérothérapie peut aider à faire de l'espace et à améliorer la circulation des fluides. C'est utile pour les zones lourdes, gonflées ou simplement « coincées ».


Soutenir le travail sur les chaînes myofasciales

Bien intégrée à une pratique de massothérapie plus large, elle peut aider à relâcher certaines tensions dans les chaînes myofasciales. Ce n'est pas une baguette magique, mais un outil intéressant pour compléter le travail manuel.


Accompagner la récupération sportive

Elle peut aider à préparer ou à récupérer les tissus, favoriser la circulation sanguine et lymphatique, et apporter une sensation de détente. Plusieurs client·es décrivent des jambes plus légères ou des tensions qui « redescendent ».


Améliorer le bien-être général

Bien dosée, la technique peut être agréable, dynamique et même énergisante. Certaines personnes se sentent plus légères, d'autres plus détendues, et quelques-unes ressentent de la fatigue après le soin. Ce n'est pas anormal : tout dépend de la réponse du corps.


Ce qu'il faut éviter : douleur, bleus et idées reçues

C'est probablement le point le plus important de l'épisode : la madérothérapie ne devrait pas faire mal.

Un léger inconfort peut apparaître sur des tissus sensibles ou congestionnés. Mais si la personne retient sa respiration, grimace ou se crispe, on est sorti de la zone de confort. Josée est très claire : l'idée qu'« il faut avoir des bleus pour que ce soit efficace » est un mythe. Les bleus indiquent qu'on a blessé les tissus, et une blessure crée de l'inflammation, ce qui va à l'encontre de l'objectif.


Pourquoi les bleus ne sont pas un signe de qualité

  • Ils signalent souvent une pression excessive.

  • Ils peuvent irriter ou endommager les vaisseaux sanguins.

  • Ils vont dans le sens de l'inflammation, pas de la décongestion.

  • Ils donnent une mauvaise expérience au client.

En madérothérapie, moins, c'est plus. Le bon dosage reste agréable ou légèrement sensible, mais jamais douloureux.


Le rôle du client pendant la séance

Le client doit aussi parler. Si ça brûle, si ça fait trop mal ou si la respiration devient courte, il faut le dire. Josée insiste sur la communication constante : une bonne technique se règle en temps réel.


Les situations qui demandent de la prudence

La madérothérapie n'est pas pour tout le monde. Certaines conditions demandent une grande prudence :

  • le lymphœdème, pour lequel Josée ne considère pas la madérothérapie comme une technique adaptée

  • le lipœdème, où la douceur et le drainage prennent une grande place

  • la grossesse, qui demande une approche adaptée

  • les client·es sous anticoagulants ou avec des tissus fragiles

  • les zones encore en cicatrisation

L'idée n'est pas d'exclure pour exclure, mais d'adapter la technique au terrain tissulaire de chaque personne.


À quoi ressemble une bonne séance?

Un mythe courant veut qu'on puisse faire « tout le corps » rapidement. En réalité, une bonne séance prend du temps : en 90 minutes, Josée ne traite pas tout le corps avec des outils en bois. Une séance comprend généralement :

  1. l'évaluation des besoins

  2. la préparation des tissus

  3. l'utilisation ciblée des outils

  4. le réajustement en cours de route

Josée estime qu'environ 50 % de sa séance repose sur ses mains et 50 % sur les outils. Les outils complètent la main, ils ne la remplacent pas.

Les jambes et le ventre sont les zones les plus connues, mais la technique peut aussi s'appliquer :

  • aux bras

  • au bas du dos

  • aux côtés du tronc

  • au visage, avec des outils adaptés

  • à certaines cicatrices matures, dans un cadre approprié

Tout dépend de l'anatomie, de l'espace disponible et des objectifs : on ne travaille pas une zone osseuse ou fragile comme une cuisse bien tolérée.


Madérothérapie, drainage et cicatrices


Drainage lymphatique ou massage drainant?

La madérothérapie n'est pas un drainage lymphatique classique. Le drainage lymphatique se fait avec une pression très douce, lente et superficielle, souvent sans huile, et cible le système lymphatique. La madérothérapie peut intégrer un travail drainant à l'huile, plus dynamique, avec des outils et un objectif plus large. Josée la décrit plutôt comme un massage drainant et décongestionnant qui facilite le passage de la lymphe.

Cette nuance évite de promettre ce que la technique ne fait pas de la même manière qu'un drainage lymphatique spécialisé.


Et les cicatrices?

On peut parfois utiliser les outils sur des cicatrices matures, surtout s'il reste des adhérences ou une perte de mobilité. Mais jamais sur une cicatrice récente, et certainement pas en post-opératoire immédiat. Josée donne l'exemple troublant, vu sur Instagram, d'une madérothérapie appliquée trop tôt après une abdominoplastie. Pour elle, c'est non.

Si les mains ne peuvent pas travailler la cicatrice, les outils n'ont rien à faire dessus.

En bref

Les outils complémentaires ont leur place, mais ils ne remplacent jamais les mains. Une madérothérapie bien faite est dosée, communiquée et adaptée aux tissus : si les tissus ne sont pas prêts, on attend.



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Merci à GO Rendez-vous, présentateur officiel de la saison 4.

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